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Nous vivons actuellement une période particulièrement propice à la mise en place de la communication de demain. À la recherche du meilleur équilibre entre création et force visuelle, techniques et supports, qualité et environnement… Aujourd’hui, il est possible de contribuer, au travers de ses pratiques, à un meilleur cadre de vie. À plus d’écologie, d’éthique et de soutenabilité. Voilà pour commencer cinq idées green friendly pour une communication plus éco-responsable.

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CHOISIR SON PAPIER

Le papier, représente à lui seul les ¾ du bilan carbone généré lors de la réalisation d’une communication imprimée. Cela est du à la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que les émissions de CO2 qu’impliquent sa production. Vous tenez donc là un levier d’action essentiel pour la mise en place d’une communication plus green friendly !

Vous pensez peut-être, à tort, que les papiers écologiques sont monotones, grisâtres et se ressemblent tous. Pourtant, recyclées ou certifiées, les gammes sont de plus en plus étendues. Tout pour vous permettre de jouer sur les teintes et les textures, voire de découvrir de nouvelles inspirations graphiques !

Tour d’horizon de différents labels qui vous permettrons de sélectionner les papiers les plus green possibles.

Le FSC

Le Forest Stewardship Council est une organisation internationale fondée par des associations de défense de l’environnement. Ses critères économiques, sociaux et environnementaux permettent d’évaluer le respect d’une gestion durable des forêts. Le logo FSC indique que le bois utilisé provient de forêts gérées durablement. Le label se subdivise en trois catégories. Le FSC 100 % garantit que l’entièreté du produit est issu de forêts éco-gérées. Le FSC Mixte indique que le produit est fabriqué à partir de fibres de bois issues de forêts certifiées, de matières recyclées et/ou de bois contrôlés. Enfin, FSC Recyclé signifie que 100 % du produit est fabriqué à partir de matières recyclées (dont au minimum 85 % issus de la post-consommation).

Le PEFC

Le Program for Endorsement of Forest Certification Schemes (ou Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières) est un système de certification résultant d’une initiative européenne de professionnels de la forêt et du bois. Il certifie que le bois utilisé est issu de forêts gérées durablement, de sources recyclées ou contrôlées comme non controversées. Si le papier contient moins de 85 % de fibres recyclé, il porte le logo classique, au-delà, on trouvera celui dédié au PEFC Recyclé.

L’écolabel européen « Copying paper » 

L’écolabel européen impose des exigences écologiques pour une approche environnementale globale. Il prend en effet en compte l’ensemble des étapes et impacts du cycle de vie du papier. Consommation d’énergie, rejets gazeux, effluents liquides, origine des fibres, gestion des forêts, utilisation de substances chimiques, commercialisation, utilisation, etc. Il vise également une meilleure information du consommateur quant à l’incidence des produits sur l’environnement et à leur qualité.

L’Ange bleu

En vigueur depuis 1978, L’Ange bleu est la référence des écolabels allemands. Il est délivré par un jury indépendant suite à l’examen de l’ensemble du cycle de vie des produits. Il concerne de nombreux aspects, tels que la protection de l’environnement et de la santé. Pour le papier recyclé, par exemple, quatorze critères sont à respecter, comme la nécessité de fibres à 100 % issues de papier recyclé. Il ne doit contenir aucun colorant à base de cadmium, plomb ou chrome. Etc.

Le Nordic Swan

Le Nordic Swan, écolabel officiel des pays nordiques, est un engagement volontaire à respecter des critères environnementaux, qualitatifs et sanitaires. Les papiers labellisés répondent à des exigences climatiques et environnementales extrêmement élevées. L’ensemble du cycle de vie du produit est analysé. Son impact sur l’environnement est pris en compte depuis la matière première jusqu’aux déchets. D’autres critères concernent également la qualité du produit ainsi que les aspects liés à la santé.

L’ A.P.U.R.

L’Association des Producteurs et des Utilisateurs de Papier Cartons Recyclés a créé une marque déposée qu’elle gère et contrôle. Pour l’obtenir, les industriels s’engagent à respecter une charte d’usage. L’application de son logo implique que le produit contienne des fibres recyclées. Il affiche clairement le pourcentage de fibres de récupération utilisé pour la fabrication. Chaque gamme de papier ou carton comporte un numéro d’agrément garantissant l’authenticité de l’information.

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MIEUX UTILISER LES ENCRES

En ce qui concerne une utilisation plus eco friendly des encres, il est possible d’agir à différents niveaux.

Éviter la multiplication : quadrichomie + tons directs

Lors de l’impression, chaque ton direct (type Pantone) nécessite une plaque supplémentaire. Outre une augmentation significative du coût, notamment si l’on recourt à plusieurs tons, un lavage spécifique la presse est nécessaire. Cela entraîne une forte surconsommation d’eau. Encore à l’étape du recyclage, s’il contient plus d’encre, la “récupération” du papier nécessitera plus d’eau ! Notez également que les tons directs sont issus de la pétrochimie et n’existent pas en version végétale. Mention spéciale pour les tons métallisés contenant des métaux lourds nécessaires à l’effet de brillance. On préférera donc les graphismes jouant sur les teintes de la quadrichromie. Cette dernière offre tout de même une gamme colorimétrique très étendue ! Cependant, dans le cas où les tons directs sont absolument nécessaires, on préférera les substituer à la quadrichromie. Plutôt que d’additionner, on travaillera de préférence en bi ou tri-chromie : noir + un ou deux Pantone.

Limiter les aplats

Limitez, voire supprimez totalement, les aplats non nécessaires. Il est par exemple possible de les remplacer par des systèmes de trames. Savez-vous qu’une page tramée équivaut, en terme de consommation d’encre, à jusqu’à 1/10e d’une page en aplat ? Ou au contraire qu’un simple bandeau de cinq cm en aplat, représente autant à l’impression qu’une page complète de texte ?

Des encres moins toxiques

Choisissez un imprimeur ayant recours à des encres moins toxiques, végétales. Elles utilisent des ressources renouvelables en lieu et place des encres minérales dérivées de la pétrochimie. Ces encres sont actuellement plutôt courantes et faciles d’accès. Le développement de nouvelles encres d’impression est encore rare, mais il est à noter l’apparition récente d’encres biodégradables micro-bactériennes à base d’algues. Si elles n’offrent pour l’heure qu’une palette assez réduite de teintes, elles constituent une alternative à suivre pour l’avenir.

Impressions en blanc

Recourez, notamment pour les couvertures ou les documents sur papier épai, à des impressions dites « en blanc », tels qu’embossages, débossages, gaufrages, letterpress ou découpes. Cela peut en effet permettre des graphismes à la fois modernes, intéressants et originaux. En outre, ils ne nécessitent pas de recourir à l’utilisation d’encres et donc d’eau.

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ADAPTER SON FORMAT

Utilisez des formats standards (A4, A5…) ou mieux, optimisez votre format de document en fonction de celui de la machine utilisée par l’imprimeur. Cela peut permettre de réduire considérablement la gâche de papier.

Adapter de quelques centimètres, voire parfois seulement quelques millimètres, sa communication constitue à la fois une pratique écologique et une source d’économies pouvant s’avérer non négligeable.

Si modifier le format n’est pas une option, gardez à l’esprit qu’il est, dans la plupart des cas, possible d’utiliser l’espace excédentaire pour imprimer d’autres documents de petit format : flyers, cartes de visite ou marque-pages.

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CHOISIR SA TYPO

Saviez-vous que certaines typographies permettent d’utiliser jusqu’à 1/3 d’encre en moins ? Les polices de caractère étroites et fines sont classiquement les moins gourmandes. Cependant, certaines d’entre elles sont régulièrement citées comme plus économiques :

  • Le Garamond permet une économie de 24 % d’encre car est 15 % plus petite que des polices telles que le Times New Roman.
  • La Century Gothic offre 30 % d’économie d’encre par rapport à l’Arial par exemple.
  • L’Ecofont intègre des “trous” dans les lettres afin de réduire sa consommation. Elle utilise 28 % d’encre en moins.
  • La Ryman Eco, développée spécifiquement pour ses propriétés « écologiques », est de son coté en moyenne 33 % plus économique pour un confort de lecture équivalent.

Il existe bien sûr d’autres polices de caractères auxquelles recourir. Cela est fonction du style graphique que vous voulez donner à votre communication.

D’autre part, en jouant sur le niveau de gris, la consommation d’encre, quelle que soit la police utilisée, se trouve significativement réduite. Ainsi, en utilisant un noir à 85 %, la consommation d’encre est réduite quasi de moitié par rapport à un noir à 100 %. Cela sans que la qualité de lecture ne soit altérée !

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Conclusion

Au travers de ces quelques astuces et idées graphiques, nous avons donc pu voir qu’il est largement possible de produire, dès l’étape de création, une communication qui soit à la fois plus éco friendly, plus en accord avec vos valeurs, et en phase avec notre époque !